Les trajectoires technologiques clés vers la carboneutralité

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Les résultats présentés dans les chapitres 6 à 8 montrent à la fois la variété des technologies qu’il sera nécessaire d’utiliser pour atteindre les objectifs de carboneutralité et l’importance relative de chaque trajectoire technologique pour divers secteurs donnés. Ces résultats se basent sur un grand nombre d’hypothèses en matière de caractéristiques techniques et d’évolution des coûts. Compte tenu des incertitudes inhérentes aux exercices prospectifs de ce genre, certaines hypothèses clés spécifiques pourraient avoir des implications importantes sur les résultats. Le présent chapitre étudie plus profondément quatre trajectoires identifiées dans les résultats de la modélisation, soit l’électrification, la bioénergie, l’hydrogène et le captage du carbone. Il vise à fournir une analyse plus fine de la façon dont ces transitions pourraient se dérouler si les choses se passaient différemment de ce qui est prévu dans certaines hypothèses.

Faits saillants

  • La réalisation d’analyses de sensibilité concernant les principales trajectoires technologiques a permis de montrer que celles-ci ne sont pas déterministes, et qu’un avenir carboneutre pourrait donc prendre différentes formes. 
  • Un accroissement des connexions interprovinciales pourrait permettre d’éviter de produire une grande quantité d’électricité, ce qui contribuerait à réduire l’obligation de développer des capacités de production supplémentaires pour répondre à l’augmentation de la demande d’électricité moyenne et de pointe. 
  • Dans une perspective d’allocation optimale des coûts, l’imposition de contraintes sur le stockage et la production d’électricité variable favorise la production nucléaire, mais les incertitudes concernant les PRM et les problèmes d’acceptabilité sociale de cette énergie font en sorte que ces projections doivent être envisagées avec une attitude critique. 
  • L’acceptabilité sociale constitue une grande inconnue lorsque l’on envisage d’augmenter la production hydroélectrique, en particulier si celle-ci repose sur la création de vastes réservoirs. 
  • Les estimations concernant les quantités de biomasse disponible ont une grande incidence sur le système énergétique, y compris sur le secteur du transport ainsi que la production d’électricité et d’hydrogène dans les scénarios CN, car la production d’électricité à partir de la biomasse, associée au captage et au stockage du carbone (BECSC), fournit une solution relativement bon marché pour produire des émissions négatives. 
  • Plus précisément, si la quantité de biomasse disponible est plus importante, l’utilisation de la BECSC s’accroît, ce qui réduit la nécessité de recourir à l’EDA lorsque l’on se rapproche de la carboneutralité; l’inverse est vrai dans un avenir où la quantité de biomasse disponible est plus restreinte, ce qui souligne la nécessité de gérer cette ressource avec prudence. 
  • La combinaison spécifique de technologies utilisées pour produire de l’hydrogène, soit la biomasse avec CSC ou l’électrolyse, est fortement tributaire de la disponibilité de la biomasse et de l’évolution des coûts de l’électrolyse. 
  • Un accroissement du taux de pénétration de l’hydrogène entraîne une augmentation de son utilisation dans la plupart des domaines des transports ainsi que dans certains secteurs industriels.
  • L’atteinte de la carboneutralité nécessite le captage d’un très gros volume de carbone, une activité qui peut être réalisée de diverses manières, entre autres grâce à la technique d’extraction directe dans l’air; les différents secteurs industriels ne disposent cependant pas des mêmes possibilités technologiques de captage de leurs émissions.