L’évolution de la consommation d’énergie sur la voie d’un avenir carboneutre

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Ce chapitre présente la première partie des résultats de cette étude et s’intéresse tout particulièrement à ceux ayant trait à la demande et à la consommation d’énergie. À cette fin, il propose une analyse par secteur et examine le cas spécifique du chauffage des locaux. Les scénarios menant à la carboneutralité réduisent l’utilisation des combustibles fossiles, ce qui entraîne une baisse significative de la demande d’énergie; cette baisse anticipée sera en grande partie la conséquence des transformations technologiques qui permettront de s’alimenter à des sources d’énergie plus productives, notamment l’électricité. Le coût et la disponibilité des technologies de remplacement sont deux facteurs qui expliquent les différences existant entre les secteurs en matière de bouquet d’énergie utilisé et de rythme de transformation. L’on observe en effet que ce rythme est plus rapide dans les secteurs où des technologies moins onéreuses sont disponibles.

Faits saillants

  • Par rapport aux scénarios proposant une simple réduction des émissions de GES, l’objectif de carboneutralité constitue une contrainte qui modifie profondément l’évolution de la consommation d’énergie.
  • Les scénarios menant à la carboneutralité entraîneront des transformations considérables qui toucheront surtout l’électricité, et ce, même avant 2030 pour certains secteurs.
  • Les objectifs de réduction des émissions visant l’atteinte de la carboneutralité induiront une baisse de la demande énergétique; cette baisse proviendra principalement d’une amélioration de l’efficacité énergétique et de gains de productivité obtenus surtout grâce à l’électrification.
  • Aucun des scénarios menant à la carboneutralité ne comprend une augmentation de l’utilisation du gaz naturel, et ce, même à moyen terme (2030). L’utilisation du gaz naturel est en effet largement incompatible avec les trajectoires conduisant à la carboneutralité d’ici le milieu du siècle. Le gaz naturel ne peut donc pas être considéré comme un combustible de transition.
  • La transformation du secteur du transport sera au cœur des efforts de réduction des émissions de GES.
  • Le remplacement des systèmes de chauffage des locaux alimentés par des combustibles fossiles par des systèmes électriques constituera un apport crucial pour la réduction des émissions de GES.
  • Dans tous les scénarios envisagés, la bioénergie connaît une expansion jusqu’en 2030, en grande partie grâce aux biocarburants liquides; par la suite, son utilisation croît plus lentement en raison, entre autres, de sa disponibilité limitée.
  • Le secteur industriel peut réduire ses émissions en utilisant des sources d’énergie à faibles émissions de carbone pour produire de la chaleur, et ce, sans avoir à modifier ses procédés.
  • L’hydrogène ne représente qu’une petite part de la consommation totale d’énergie, et ce, même en 2060; cela s’explique entre autres par le fait qu’il est difficile actuellement d’évaluer avec précision le rôle que pourrait jouer l’hydrogène sur le plan technique.
  • L’augmentation proposée du prix fédéral du carbone jusqu’en 2030 demeure insuffisante pour atteindre les réductions d’émissions de GES visées