10.2 L’Alberta

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Figure 10.2 – Le profil énergétique de l’Alberta #

Émissions de GES selon les scénarios
Réductions d’émissions selon le scénario CN50
Production d’électricité selon la source
Production de biomasse selon la source

Les développements clés pour l’Alberta :

  • Avec les mesures en vigueur (scénario REF), les émissions demeurent en grande partie stables jusqu’en 2060, après avoir connu une augmentation de 10 % en 2040. Ce résultat est possible grâce à la compensation de la croissance des émissions associée à la production de pétrole et de gaz par une réduction significative des émissions provenant de la production d’électricité et des procédés industriels. 
  • L’impact de la taxe sur le carbone (scénario TC30) entraîne dans un premier temps une réduction de 12 % des émissions de GES en 2030, qui augmente lentement à 20 % en 2060, ce qui lui permet de correspondre à la moyenne nationale. 
  • Les scénarios menant à la carboneutralité prévoient une diminution rapide et importante de la production de pétrole et de gaz, ce qui permet une réduction des émissions plus rapide que la moyenne canadienne. Les scénarios CN60, CN50 et CN45 anticipent ainsi respectivement une réduction des émissions de l’ordre de 48 %, 55 % et 58 % en 2030. Toutefois, ces scénarios ne permettent pas d’atteindre complètement la carboneutralité en 2060 et prévoient un volume d’émissions restantes correspondant à 4 % des émissions de 2016. La plupart des autres secteurs se décarbonent lentement en suivant le rythme national (voir le chapitre 7 pour une présentation de l’évolution de la production de pétrole et de gaz). 
  • L’industrie est décarbonée d’ici 2040 à l’exception de la production de combustibles fossiles, alors que les émissions provenant des transports et de l’agriculture diminuent également d’ici 2040, et ce, de manière importante dans le cas du scénario CN45. 
  • Les bâtiments résidentiels et commerciaux auront pratiquement éliminé leurs émissions d’ici 2040.
  • Les possibilités de recourir à la BECSC pour produire des émissions négatives sont nettement plus limitées en Alberta qu’en Colombie-Britannique; par conséquent les émissions négatives n’apparaissent en 2040 que dans le scénario CN45, et ce n’est que plus tard qu’on les retrouve dans les scénarios CN50 et CN60. 
  • La plupart de ces émissions négatives sont produites grâce à l’utilisation de la BECSC dans l’industrie, et une petite proportion de celles-ci proviennent de la production d’énergie à partir de la BECSC; aucune EDA n’est réalisée dans la province qui est nette positive en termes d’émissions restantes en 2050 et 2060.  
  • Alors que la production d’électricité chute à court terme dans les scénarios CN, en raison de la baisse de la demande du secteur pétrolier et gazier, sa croissance suit la moyenne nationale après 2030. D’ici 2060, la production d’électricité sera ainsi 2,4 fois supérieure à ce qu’elle était en 2016 dans les trois scénarios CN. 
  • Comme la production d’électricité de l’Alberta est celle qui est la plus émettrice au pays, sa décarbonisation représente un défi très différent de celui que doivent relever la plupart des autres provinces. Il ne suffira pas en effet d’ajouter une production faible en carbone; il faudra aussi changer la façon de produire de l’électricité qui a été utilisée jusque-là. La décarbonisation de ce secteur prendra du temps, mais elle sera en grande partie réalisée en 2030, et dans une plus grande proportion encore en 2040. Cette transformation s’appuiera notamment sur une expansion importante de la production éolienne, qui représentera jusqu’à 56 % de l’ensemble de la production en 2050, ainsi que, dans une moindre mesure, sur la production solaire et la géothermie.  
  • Après 2040, le nucléaire commencera à remplacer une petite partie de la production de base des centrales alimentées au gaz naturel, dans une proportion de 5 % en 2050 et 2060, tandis que l’éolien continuera son expansion. 
  • Les importations d’électricité à partir des autres provinces, qui proviennent presque uniquement de la Colombie-Britannique dans ce cas précis, sont multipliées par cinq dans les scénarios menant à la carboneutralité et contribuent à l’équivalent d’environ 6 % de la production totale de l’Alberta.
  • La production de biomasse s’accroît considérablement, son volume étant multiplié par six à long terme dans les scénarios menant à la carboneutralité. Plus le calendrier pour atteindre la carboneutralité est serré, plus le rythme de cette expansion est rapide, la production de biomasse triplant par exemple dans le scénario CN45 d’ici 2030. Alors que la production de biomasse utilise un volume accru de résidus forestiers, son expansion s’appuie surtout sur les résidus agricoles (qui devancent les résidus forestiers et deviennent la source principale de biomasse peu après 2030) ainsi que sur les déchets organiques qui contribuent à cette production, notamment à partir des années 2040, comme c’est le cas en Colombie-Britannique. Cela permet de produire un certain volume de l’hydrogène et de l’électricité à partir de la BECSC (plus de la moitié du total), des biocarburants et du biogaz à partir des années 2040.