10.3 La Saskatchewan

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Figure 10.3 – Le profil énergétique de la Saskatchewan #

Émissions de GES selon les scénarios
Réductions d’émissions selon le scénario CN50
Production d’électricité selon la source
Production de biomasse selon la source

Les développements clés pour la Saskatchewan :

  • Dans le scénario REF, les émissions devraient augmenter lentement de 16 % au cours de la décennie 2050-2060, après avoir connu une légère baisse de 6 % en 2030 en raison de la transformation de la production d’électricité. 
  • Le scénario TC30 entraîne une réduction des émissions de GES d’ici 2030 de l’ordre de 16 %; les émissions demeurent au même niveau par la suite jusqu’en 2050 avant de chuter une nouvelle fois pour ne plus représenter que 70 % du niveau de 2016. Au cours de cette période, la réduction des émissions réalisée dans les secteurs de la production d’électricité et du chauffage des bâtiments est compensée par l’augmentation des émissions fugitives et de celles provenant des transports.  
  • Avec une transformation rapide de la production d’électricité et la réduction de la production de pétrole et de gaz, les scénarios CN projettent des réductions de GES plus importantes que la moyenne canadienne. Les scénarios CN60, CN50 et CN45 prévoient ainsi respectivement une réduction des émissions de l’ordre de 50 %, 57 % et 62 % en 2030, celles-ci devenant négatives d’ici 2060 grâce au captage du carbone (- 7 Mt d’équivalent CO2). La plupart des autres secteurs se décarbonent lentement et à un rythme généralement comparable.   
  • L’industrie, en dehors de la production d’énergie, est décarbonée après 2030 et devient, grâce au CSC, un absorbeur net d’émissions, captant et stockant jusqu’à 19 Mt d’équivalent CO2 en 2050 dans les scénarios CN50 et CN45. Le secteur du transport connaît une réduction rapide de ses émissions, même avant 2030, et il est presque complètement décarboné d’ici 2050, au contraire de la moyenne nationale. 
  • Une fois que la carboneutralité a été atteinte, l’agriculture est la source de l’écrasante majorité des émissions restantes en Saskatchewan. Les scénarios menant à la carboneutralité ne prévoient qu’une réduction modeste des émissions par rapport aux niveaux de 2016 et une baisse d’environ 40 % de celles-ci en 2050 et 2060 par rapport au scénario REF. 
  • En Saskatchewan, il n’y a pas d’activités d’EDA et la production d’électricité à partir de la BECSC est très limitée. Toutefois, l’utilisation de la biomasse provenant de résidus agricoles s’accroît considérablement, ce qui, grâce à la BECSC, permet la production d’un volume important d’hydrogène et de certains biocarburants. Les émissions négatives qui en résultent constituent un volume suffisamment important pour compenser les émissions restantes provenant de l’agriculture; la province est ainsi nette négative en matière d’émissions de GES une fois que la carboneutralité a été atteinte.  
  • Comme l’Alberta, la Saskatchewan présente l’un des profils de production d’électricité qui émet le plus de carbone au pays, ce qui représente un défi très différent de celui que doivent relever la plupart des autres provinces. La décarbonisation de ce secteur prendra du temps, mais elle sera en grande partie réalisée en 2030, et dans une plus grande proportion encore en 2040. Cette transformation s’appuiera notamment sur une expansion considérable de la production éolienne, qui fournira jusqu’à 70 % de toute l’électricité produite en 2060, ainsi que dans une moindre mesure sur la production solaire. Certaines centrales thermiques seront toujours en activité, même en 2060, et le commerce de l’électricité demeurera marginal, le bouquet énergétique de la province étant en mesure de répondre à la demande au sein de la province. 
  • La production de biomasse de la Saskatchewan comprend peu de résidus forestiers par rapport aux autres provinces. L’expansion considérable que connaît cette production à partir des années 2020, et surtout après 2030, provient de la maximisation des résidus de récolte issus de l’agriculture. Par rapport à ses voisins occidentaux, ces résidus contribuent à la production de biocarburants et, dans une bien plus grande mesure, à la production d’hydrogène, alors que pratiquement aucun biogaz n’est produit à partir des déchets municipaux.