10.5 L’Ontario

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Figure 10.5 – Le profil énergétique de l’Ontario #

Émissions de GES selon les scénarios
Réductions d’émissions selon le scénario CN50
Production d’électricité selon la source
Production de biomasse selon la source

Les développements clés pour l’Ontario :

  • Dans le scénario REF, les émissions s’accroissent de 90 % en 2060, soit beaucoup plus que la moyenne canadienne, et elles proviennent des transports et surtout de la production d’électricité. 
  • La tarification du carbone a un impact important, notamment parce qu’elle entraîne une décarbonisation considérable de la production d’électricité, même si la production thermique alimentée au gaz augmente en valeur absolue et que des réductions notables d’émissions se produisent dans le secteur du transport. Dans l’ensemble cependant, le scénario TC30 entraîne une réduction des émissions de 6 % en 2030 et de 23 % d’ici 2050 par rapport à 2016. 
  • Par rapport au scénario TC30, les scénarios menant à la carboneutralité s’éloignent beaucoup dès le départ du scénario REF, éliminant presque la production d’électricité à partir du gaz naturel d’ici 2030, alors que celle-ci est multipliée par sept dans le scénario REF.  
  • La production d’électricité augmente aussi plus rapidement que la moyenne nationale dans les scénarios CN, et ce, sur toutes les périodes; elle s’accroît ainsi de 3 %, 10 % et 15 % en 2030 dans les scénarios CN60, CN50 et CN45, avant d’être multipliée par trois en 2060. Une faible quantité d’électricité est importée d’autres provinces, tandis que les exportations sont dirigées vers les provinces voisines, au lieu des marchés américains. 
  • Le secteur du transport se décarbone plus lentement et ne montre des réductions importantes d’émissions qu’à partir des années 2030. D’ici 2050 et 2060 cependant, ces réductions atteignent des taux de 75 % à 85 % par rapport aux niveaux actuels, ce qui se traduit par des réductions de plus de 90 % par rapport aux niveaux d’émissions du scénario REF en 2060. 
  • Bien que les émissions générées par les procédés industriels diminuent rapidement d’ici 2030, avec des réductions allant de 43 % dans le scénario TC30 à 50 % dans le scénario CN45, l’industrie ne commence à réduire ses émissions liées à la combustion qu’après 2030. Le secteur atteint finalement un bilan d’émissions négatives en 2050, avec un déficit de 5 à 7 Mt d’équivalent CO2 dans les scénarios les plus ambitieux. Bien que certaines de ces réductions proviennent de la production d’électricité et d’hydrogène à partir de la BECSC, ces niveaux d’émissions négatives demeurent faibles par rapport au volume des émissions restantes, et la province conserve des émissions nettes positives en 2050 et 2060 dans les scénarios menant à la carboneutralité. Cette situation s’explique par le profil industriel particulier de la province et la taille de son secteur industriel, ceci comprenant un grand volume d’émissions généré par les procédés industriels qui est évalué entre 16 et 23 Mt d’équivalent CO2 selon le scénario. Fait intéressant, le scénario CN45 entraîne un volume inférieur d’émissions négatives (principalement liées à la production d’électricité à partir de la BECSC) comparativement aux scénarios CN50 et CN60. 
  • Le secteur de l’électricité de l’Ontario présente un profil unique parmi les provinces du fait de la forte proportion de production nucléaire qu’il comprend en ce moment. Alors que cette production diminue à la fois dans le scénario REF et les scénarios menant à la carboneutralité, elle augmente à nouveau à partir de la fin des années 2030 dans les scénarios CN en raison de l’introduction des PRM. Le scénario TC30 est intéressant à cet égard car il diffère de tous les autres scénarios. La tarification du carbone et l’abaissement du taux de rendement minimal compris dans ce scénario sont en effet suffisants pour maintenir la production des centrales actuelles; la production des PRM n’est ajoutée qu’à partir de 2040 et l’augmentation de la production éolienne et solaire suit le modèle de développement national. 
  • La production de biomasse double pratiquement dans le scénario REF et elle s’accroît de manière encore plus substantielle dans les autres scénarios d’ici 2040. Bien que ces augmentations soient importantes en termes absolus, elles sont plus faibles que dans les autres provinces en termes relatifs. Les résidus forestiers, qui constituent aujourd’hui la majorité de la biomasse, voient leur part augmenter de la même manière dans les cinq scénarios; le reste de l’accroissement du volume de biomasse provient des résidus de récolte et des déchets municipaux à partir de la fin des années 2040. Dans les scénarios menant à la carboneutralité et sur le court terme, la biomasse sert surtout à la production de biocarburants et à des usages industriels, alors que la production d’électricité à partir de la bioénergie se développe elle aussi avant 2030. Par la suite cependant, le profil des scénarios menant à la carboneutralité diverge de celui des scénarios REF et TC30. Après 2040, la production de biocarburants et l’utilisation industrielle diminuent dans les scénarios CN, tandis que la production d’électricité et d’hydrogène augmente pour produire des émissions négatives.