10.6 Le Québec

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Figure 10.6 – Le profil énergétique du Québec #

Émissions de GES selon les scénarios
Réductions d’émissions selon le scénario CN50
Production d’électricité selon la source
Production de biomasse selon la source

Les développements clés pour le Québec :

  • Dans le scénario REF, les émissions augmentent de 5 % d’ici 2060, bien au-dessus de la moyenne nationale qui est de 2 %. L’augmentation des émissions générées par les transports et la combustion industrielle est compensée par une réduction de celles provenant des activités de chauffage dans les secteurs agricole et du bâtiment. 
  • Le scénario TC30 se démarque clairement mais de façon limitée par rapport au scénario REF; il prévoit ainsi une baisse des émissions de l’ordre de 11 % en 2030, laquelle se poursuivra lentement par la suite pour atteindre 75 % en 2060 par rapport au volume des émissions de 2016. Sur l’ensemble de la période, la tarification du carbone a surtout un impact sur les émissions provenant des déchets et des transports. 
  • Au Québec, où le secteur électrique est déjà complètement décarboné et où il n’y a presque aucune production de combustibles fossiles, c’est le secteur du transport qui est responsable à l’heure actuelle de plus de la moitié des émissions. Par conséquent, dans les scénarios menant à la carboneutralité, les premières réductions surviennent dans le secteur industriel, y compris la fonderie d’aluminium, ainsi que dans le secteur du transport, bien que pour ce dernier les réductions soient plus importantes après 2030. 
  • La production d’électricité permet dès 2030 de générer des émissions négatives dans le scénario CN45, et dans tous les scénarios menant à la carboneutralité à partir des années 2030. À l’approche de la date à laquelle ils atteignent la carboneutralité, les scénarios CN50 et CN60 affichent tous les deux des émissions négatives d’un volume plus ou moins équilibré par rapport aux émissions restantes, lesquelles proviennent surtout des transports et de l’agriculture. Le scénario CN45, quant à lui, recourt à l’EDA à plus long terme, ce qui permet à la province de présenter un bilan net négatif en termes d’émissions à partir de la fin des années 2050. 
  • Le secteur de l’électricité du Québec ne procède pas à la construction d’installations hydroélectriques supplémentaires, mais les énergies éolienne et solaire se développent à partir de 2040, de même que la production d’un petit volume de biomasse, ce qui permet à ce secteur de présenter un bilan d’émissions négatives dans les années 2030, et même avant dans le cas du scénario CN45. En termes relatifs, l’expansion globale de ce secteur est plus faible que dans les autres provinces et atteint au maximum 40 % en 2060 dans le scénario CN45 par rapport à aujourd’hui. Il convient également de souligner que, dans le scénario REF, la production d’électricité demeure constante sur l’ensemble de la période. 
  • Pour répondre à la demande d’électricité, qui croît davantage que la production d’électricité de la province, il est nécessaire de modifier le profil commercial de celle-ci. Les importations d’électricité à partir des autres provinces augmentent ainsi de 50 % dans les scénarios menant à la carboneutralité, soit nettement moins que dans le scénario REF qui prévoit une augmentation de 143 % de celles-ci par rapport à aujourd’hui. De plus, les exportations d’électricité vers les autres provinces et les États-Unis diminuent avec le temps. Le résultat net consiste en un volume d’exportations nettes inférieur, ce qui permet de répondre à la demande d’électricité de pointe au fil du temps sans avoir besoin d’augmenter la production. 
  • La production de biomasse double presque dans le scénario REF et s’accroît de manière encore plus considérable dans les autres scénarios d’ici 2040. Bien que ces augmentations soient importantes en termes absolus, elles sont plus faibles que dans les autres provinces en termes relatifs, comme c’est le cas en Ontario. Les résidus forestiers, qui constituent aujourd’hui la majorité de la biomasse, voient leur part augmenter de la même manière dans les cinq scénarios; le reste de l’accroissement du volume de biomasse provient des résidus de récolte et des déchets municipaux à partir de la fin des années 2040. Toutefois, cette production est utilisée de manière légèrement différente par rapport à l’Ontario. À court terme, une plus petite quantité de biomasse est destinée à la production de biocarburants; cependant, dans les scénarios menant à la carboneutralité, l’utilisation industrielle s’accroît par la suite, comme en Ontario. La production d’électricité à partir de la BECSC apparaît rapidement, soit avant 2030 dans le scénario CN45. Par la suite, le profil des scénarios menant à la carboneutralité diverge de celui des scénarios REF et TC30. Après 2040, la production de biocarburants et l’utilisation industrielle diminuent dans les scénarios CN, tandis que la production d’électricité et d’hydrogène augmente afin de produire des émissions négatives. Selon le scénario CN, les émissions du Québec en 2060 deviennent neutres (+ 1 Mt d’équivalent CO2) dans les scénarios CN60 et CN50 ou légèrement négatives (- 5 Mt d’équivalent CO2) dans le scénario CN45.