11.3 La production d’énergie

EN

11.3.1 L’évolution du bouquet énergétique du secteur électrique

Tous les rapports prévoient que la production renouvelable variable, qui sera surtout d’origine éolienne et solaire, jouera un rôle très important. La capacité de stockage des batteries permettra de répondre à cette exigence dans tous les rapports, bien qu’à des degrés divers, et les scénarios du rapport américain formulent des hypothèses sur la quantité de stockage disponible. Un certain volume de gaz naturel continuera d’être la principale énergie de base, surtout à des fins de stabilité du réseau dans certaines régions, une situation qui sera peu fréquente dans l’ensemble de l’Europe, mais le sera davantage au Royaume-Uni et aux États-Unis. 

Malgré la diminution de cette production reposant sur le gaz naturel, les États-Unis procèderont à la construction d’infrastructures supplémentaires pour augmenter la capacité des centrales équipées d’installations de CSC. Le Royaume-Uni, lui, considère l’hydrogène comme un moyen permettant de décarboner cette capacité restante de production d’électricité à partir du gaz, notamment grâce à l’électrolyse, bien que cette pratique soit tributaire du prix de l’hydrogène. La production nucléaire perdurera, mais dans une proportion moindre qu’aujourd’hui, et ce même en France. Néanmoins, un grand nombre de centrales nucléaires devront être fermées aux États-Unis, ce qui sera compensé par une capacité accrue des PRM et des technologies avancées; le rôle des PRM est moins clair dans les autres rapports. 

Tous les rapports indiquent une augmentation de la demande de pointe et de la demande globale. Pour y répondre, en plus de relever le défi de l’intégration d’une proportion importante d’énergie variable dans le réseau électrique, il sera nécessaire de bâtir un grand nombre de nouvelles infrastructures de transport. Les réformes du marché et l’augmentation des capacités de stockage contribueront à soutenir ces efforts, tout comme l’efficacité énergétique et les réductions de la demande, mais cela ne sera pas suffisant, bien que la France insiste plus que les autres pays sur l’importance de réduire la demande. L’ampleur des besoins en matière de nouvelles infrastructures varie considérablement d’un rapport à l’autre. Le Royaume-Uni se concentre surtout sur la demande de pointe, tandis que les États-Unis plaident pour une augmentation de 60 % de la transmission à haute tension et l’investissement de sommes importantes dans le développement de l’infrastructure de recharge pour les véhicules électriques. En outre, le rapport américain est plus optimiste en ce qui concerne la gestion de la demande en périodes de pointe. 

11.3.2 La production de combustibles fossiles

La production de pétrole et de gaz diminue considérablement au Royaume-Uni, aux États-Unis et dans l’Union européenne, alors qu’elle est de toute façon négligeable en France. Il existe cependant des variations importantes entre les différents scénarios envisagés dans le rapport américain, avec des baisses de la production qui vont de 25 à 85 % pour le pétrole, et de 20 à 90 % pour le gaz naturel. Le Royaume-Uni se concentre sur la réduction des épisodes d’évacuation ainsi que sur la récupération afin de diminuer les émissions de GES du secteur gazier.

11.3.3 La disponibilité de la biomasse

Le rapport français est celui qui est de loin le plus détaillé en ce qui concerne la disponibilité et l’utilisation de la biomasse. Il prévoit une très forte concurrence pour l’utilisation de cette ressource, ce qui nécessitera, selon ses auteurs, qu’elle soit réservée aux usages les plus efficaces, notamment le transport aérien. De même, aux États-Unis, toute la biomasse disponible est utilisée dans tous les scénarios envisagés, alors que des scénarios alternatifs évaluent les impacts de la disponibilité de volumes supplémentaires de biomasse. Toute la biomasse disponible est également utilisée dans ces scénarios, et ce surtout dans le cadre de la BECSC.  

11.3.4 La contribution de l’hydrogène 

L’hydrogène joue un rôle dans tous les rapports, même si aucun de ceux-ci ne le considère comme un carburant dominant d’ici 2050. En ce qui concerne sa production, le Royaume-Uni s’attend à ce que la quasi-totalité de l’hydrogène provienne du reformage du méthane associé au CSC, tandis que les autres rapports sont plus optimistes au sujet de l’électrolyse, notamment à partir de 2040. Les États-Unis mentionnent la production d’hydrogène à partir de la BECSC, de l’électrolyse ainsi que du reformage du méthane. En matière de besoins en infrastructures, le rapport britannique mentionne la nécessité d’instaurer des programmes de réforme des infrastructures afin de procéder à la conversion des réseaux de distribution de gaz naturel existants. 

Dans ces rapports, l’hydrogène est utilisé pour décarboner la capacité restante de production d’électricité à partir du gaz. Pour atteindre cet objectif, le Royaume-Uni prévoit une utilisation de l’hydrogène sous une forme pure en remplacement du gaz naturel, alors que les États-Unis parlent du mélange de l’hydrogène avec le gaz naturel. Le Royaume-Uni projette également que l’hydrogène pourrait être utilisé comme substitut à l’ammoniac dans le transport maritime, en remplacement des combustibles fossiles dans les activités de combustion industrielle, pour alimenter le transport ferroviaire et routier (véhicules utilitaires lourds et bus), dans les bâtiments lors de pics de chaleur ainsi que dans la production d’électricité, où il pourrait servir de combustible de stockable à faible teneur en carbone pour la production de pointe (avec l’ammoniac). Les États-Unis présentent une liste d’utilisations de l’hydrogène semblable en plusieurs points et qui comprend les camions à pile à combustible, la production d’ammoniac et d’autres produits chimiques, la réduction directe du fer ainsi que le chauffage industriel. Les États-Unis considèrent également l’hydrogène comme un carburant intermédiaire, soit comme un intrant dans la synthèse de carburants hydrocarbonés, et comme un complément au gaz naturel utilisé dans la production d’électricité par l’entremise de turbines à gaz. L’Union européenne a dressé une liste semblable à celle du Royaume-Uni et mentionne également l’hydrogène comme étant l’alternative la plus économique dans le segment de l’industrie des métaux.

Table 11.1 – Résumé des renseignements présentés dans les différents rapports en matière d’émissions #