3.2 Les variations entre les provinces

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La Figure 3.7 présente les différences existant entre les provinces en matière de bouquet énergétique, par ordre décroissant de la consommation totale d’énergie finale1. Sans surprises pour un pays doté d’un important secteur des ressources naturelles, on constate que le tissu industriel de chaque province contribue largement aux écarts observés. Par exemple, la consommation totale d’énergie finale de la Saskatchewan représente plus de la moitié de celle de la Colombie-Britannique, bien que sa population soit inférieure au quart de celle de la Colombie-Britannique. De même, la consommation d’énergie de l’Alberta est beaucoup plus importante que celle du Québec, même si elle compte la moitié moins d’habitants. 

Il convient également de souligner le fait suivant : lorsque l’on examine la consommation que les producteurs d’énergie font de leur propre combustible, ainsi que les combustibles utilisés à des fins non énergétiques dans l’industrie pétrochimique – qui sont comptabilisés séparément de la consommation finale dans chaque secteur –, l’Alberta est la province qui consomme le plus d’énergie, surpassant de loin l’Ontario. En Saskatchewan, la consommation des producteurs d’énergie ajoute environ 25 % à la consommation totale d’énergie de l’industrie. Malheureusement, il n’existe pas de données complètes sur la consommation des producteurs et l’utilisation non énergétique, ce qui explique leur absence dans la Figure 3.7 et la Figure 3.8. 

Figure 3.7 – Consommation totale d’énergie finale par province et par secteur (2018) #

Source : Statistique Canada, 2021a

Figure 3.8 – Consommation totale d’énergie finale par habitant, par province et par secteur (2018) #

Source : Statistique Canada, 2021a, 2021b

Si l’on examine les profils provinciaux de consommation par habitant (Figure 3.8), les secteurs industriels de l’Alberta et de la Saskatchewan, qui sont axés sur les activités de production de pétrole et de gaz, se démarquent des autres. Il convient à nouveau de noter que l’omission de la consommation des producteurs entraîne une sous-estimation de la consommation totale du secteur industriel. Des données partielles montrent que cette sous-estimation est particulièrement importante en Alberta et en Saskatchewan : par exemple, la consommation du secteur industriel de l’Alberta est plus de deux fois supérieure aux chiffres présentés à la Figure 3.7. 

Cependant, la situation qui prévaut dans le secteur de l’industrie n’explique que partiellement les différences observées entre les provinces. Les profils de consommation par habitant, en dehors dusecteur industriel, donnent une mesure plus précise de l’impact des autres activités sectorielles sur la consommation d’énergie. Dans de nombreuses provinces, l’agriculture peut être responsable d’une part importante de la consommation d’énergie. C’est notamment le cas pour la Saskatchewan, le Manitoba et l’Île-du-Prince-Édouard. La consommation liée au transport des marchandises est également plus importante en Alberta et en Saskatchewan. 

Le reste des différences s’observe dans le secteur du bâtiment (résidentiel et commercial), où l’Alberta et la Saskatchewan affichent encore une fois des niveaux plus élevés, tout comme Terre-Neuve-et-Labrador et, dans une moindre mesure, le Manitoba. Le transport de passagers présente beaucoup plus de similitudes entre les provinces, et ce, même si les différences observées proviennent de la distance parcourue, de l’absence de transport en commun et du choix de véhicule, notamment à Terre-Neuve-et-Labrador. 

Par conséquent, ces profils de consommation par habitant montrent que les différences entre les provinces s’expliquent par d’autres facteurs que la présence de certaines industries : la consommation énergétique dans d’autres secteurs, notamment l’agriculture et le transport de marchandises, est également importante. De plus, les variations observées sont également la conséquence des choix qui ont été faits pour la réalisation des activités quotidiennes, telles que la préférence des véhicules de tourisme ou la source utilisée pour le chauffage des locaux.


Notes

1 La ventilation des niveaux de consommation du secteur du transport n’étant pas disponible pour 2019, les chiffres relatifs à la consommation d’énergie finale s’appuient sur les données de 2018, par souci de cohérence.