6.3 Le chauffage des locaux

EN

Le chauffage des locaux représente plus de la moitié de la demande finale d’énergie dans les secteurs commercial et résidentiel. À ce titre, il mérite qu’on lui accorde une attention particulière, et ce, d’autant plus qu’il est actuellement largement assuré par des systèmes au gaz naturel (figure 6.9 et figure 6.10). 

Il existe une similitude frappante dans tous les scénarios CN pour lesquels la part du gaz naturel diminue rapidement, en particulier après 2030, avant de pratiquement disparaître d’ici 2050. Dans le secteur résidentiel, cette transition implique l’utilisation généralisée des pompes à chaleur électriques. Dans le secteur commercial, la combinaison de technologies est plus diversifiée, même si les technologies électriques sont également dominantes, y compris dans les systèmes de chauffage centralisé. Ces développements contrastent fortement avec les scénarios REF et TC30 dans lesquels le gaz naturel conserve un rôle principal, en particulier dans le secteur commercial.

Une autre similitude que l’on peut noter entre les différents scénarios est la contribution des mesures de conservation de l’énergie, en particulier l’amélioration de l’isolation thermique de l’enveloppe des bâtiments. Cette contribution est importante et équivaut à environ 13 % de la demande totale d’énergie dans les bâtiments commerciaux et à 20 % dans les logements résidentiels. Il convient cependant de noter que cette contribution est identique dans les scénarios menant à la carboneutralité et les scénarios REF et TC30. Cela provient du fait que les mesures identifiées dans les modèles sont peu onéreuses, même par rapport aux prix actuels de l’énergie, et qu’elles sont comprises dans toutes les trajectoires optimisées. Il est difficile d’intégrer un certain nombre de mesures d’économie d’énergie plus coûteuses, car les prix de l’électricité devraient demeurer bas, ce qui explique la raison pour laquelle elles n’apparaissent pas dans les résultats de la modélisation. 

Figure 6.10 – Systèmes de chauffage des locaux dans le secteur commercial #

Figure 6.11 – Systèmes de chauffage des locaux dans le secteur résidentiel  #

Les systèmes de chauffage des locaux alimentés aux combustibles fossiles reposent sur le gaz naturel dans la plupart des provinces et, dans quelques autres, sur les produits pétroliers et la biomasse. Dans l’ensemble, le remplacement de ces systèmes par l’électricité contribuera de manière décisive à la réduction des émissions de GES dans les secteurs commercial et résidentiel, et ce, même si l’on se base sur un court horizon temporel. Cela suggère que les technologies actuelles permettent de décarboner le secteur du bâtiment à un coût qui est relativement abordable. Par conséquent, il est clair que des mesures politiques et réglementaires incitatives pourraient permettre d’assurer rapidement cette évolution et d’abandonner ainsi le statu quo. Elles pourraient même être conçues pour poursuivre des objectifs plus ambitieux que la trajectoire de carboneutralité d’ici 2050 (CN50) pour réaliser ces réductions et, en particulier, encourager une transition vers l’utilisation massive des pompes à chaleur électriques.  

Observations générales :

  • L’électrification, notamment par l’entremise des pompes à chaleur, peut présenter un avantage supplémentaire en offrant un plus grand accès à la climatisation, ce qui pourrait limiter les impacts sur la santé lors des canicules, car celles-ci devraient être plus fréquentes à l’avenir.  
  • Certains fluides de refroidissement peuvent contribuer de manière importante au réchauffement climatique. Dans les scénarios CN, le potentiel de réchauffement associé aux fuites provenant des pompes à chaleur n’est pas pris en compte. Seule une stricte réglementation peut permettre de nous assurer que les pompes à chaleur ne deviennent pas une source majeure d’émissions de GES.