6.4 Points à retenir

EN

En termes de consommation énergétique finale totale, après 2030, l’électricité devient la source dominante dans les trois scénarios menant à la carboneutralité. Son expansion se fait alors au détriment du gaz naturel et des produits pétroliers, ce qui contraste avec les prévisions des scénarios REF et TC30. L’électrification contribue également à une augmentation significative de la productivité énergétique. De plus, les scénarios TC30 et CN ne prévoient pas une expansion de l’utilisation du gaz naturel, et ce même avant 2030, ce qui montre bien que ce combustible ne peut jouer le rôle de source d’énergie de transition dans les trajectoires visant à atteindre la neutralité carbone d’ici la moitié du siècle, ou même simplement servir à réduire les émissions de GES.

Dans les cinq scénarios, l’utilisation de la biomasse croît rapidement d’ici 2030 en raison de son coût plus faible par rapport aux technologies électriques dans certains secteurs. Toutefois, son développement est ensuite freiné par le manque de disponibilité de la ressource et les émissions restantes qui sont associées à son utilisation.  

L’hydrogène ne comble qu’une faible part de la demande énergétique totale, et ce même en 2060, en raison, entre autres, de la difficulté d’évaluer en ce moment de manière précise le rôle technique qu’il pourrait jouer. Les analyses de sensibilité présentées au chapitre 9 étudient la situation pour essayer de voir comment son rôle pourrait évoluer. 

Après 2030, le facteur principal permettant de différencier les scénarios est le degré de réduction de la demande d’énergie au fil du temps (par rapport au scénario REF). Ce sont les scénarios CN qui montrent les plus fortes baisses de la demande d’énergie par rapport au point de départ de la période. Cela est en grande partie imputable aux gains d’efficacité résultant de l’électrification, ainsi qu’à la baisse de la demande globale associée à la hausse des prix de l’énergie. 

Hormis le rythme de transformation, dans l’ensemble, l’on retrouve relativement peu de différences entre les scénarios CN. Une fois la carboneutralité atteinte, la situation demeure majoritairement stable. L’analyse des émissions restantes, qui est essentielle pour compléter ce tableau, est présentée au chapitre 8. 

Les politiques devraient cibler plus fortement les secteurs où le rythme de transformation constitue la seule différence entre les divers scénarios et où les incertitudes technologiques sont les moins importantes. C’est le cas, par exemple, du secteur du bâtiment, où le rôle des pompes à chaleur dans les logements résidentiels et celui des systèmes électriques dans les espaces commerciaux sont similaires dans tous les scénarios et permettent de remplacer le gaz naturel. Il semble donc judicieux d’encourager une adoption rapide de ces technologies à coût raisonnable et présentant peu de risques. Une remarque semblable peut être faite concernant la décarbonisation de la consommation d’énergie dans le secteur agricole.  

La décarbonisation d’autres secteurs s’avère beaucoup plus difficile à réaliser en raison de son coût élevé et de la difficulté d’utiliser des technologies à faibles émissions de carbone en remplacement d’autres sources dans certaines applications. Le transport commercial lourd est l’un de ces secteurs où la transformation s’avère lente et plus éclectique sur le plan technologique. Compte tenu de la lente évolution vers l’utilisation d’une combinaison de diverses technologies dans le secteur du transport, plusieurs technologies différentes sont susceptibles de constituer des alternatives qui soient compétitives pour répondre à la demande dans ce sous-secteur. Il sera donc probablement nécessaire de faire des choix quant à la voie que l’on devra privilégier et encourager.