2.7 Le commerce de l’énergie

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En termes de contenu énergétique, les exportations d’énergie ont augmenté de 67,8 % au cours des 20 dernières années. Ces exportations, beaucoup plus importantes en volume que les importations, se démarquent également de celles-ci par leur composition. Représentant 60,7 % du total, les exportations de pétrole brut dominent le commerce et ont plus que triplé au cours des 20 dernières années. Les exportations de gaz naturel, quant à elles, ont diminué récemment à la suite de l’augmentation de la production de ce combustible aux États-Unis. Dans un avenir proche, l’évolution de ces tendances est cependant très incertaine. La baisse spectaculaire des prix du brut à la suite de la crise de la COVID-19, ainsi que son effet sur la production américaine de pétrole de réservoir étanche, pourraient avoir un impact sur les exportations du Canada qu’il est bien difficile de prévoir à l’heure actuelle.

La Figure 2.3 met également en évidence le faible volume des exportations d’électricité par rapport aux combustibles fossiles. Celles-ci ont cependant augmenté de 34,4 % depuis 1999, et ce, même en tenant compte de la baisse soudaine survenue en 2018 après les niveaux inhabituellement élevés enregistrés en 2016 et 2017. En ce qui concerne les exportations de charbon, celles-ci, après avoir connu une très forte baisse, sont maintenant revenues aux niveaux de 1999.

Figure 2.3 – Exportations d’énergie #

Source : Statistique Canada, 2021a; RNCAN, 2021

Figure 2.4 – Importations d’énergie #

Source : Statistique Canada, 2021a; RNCAN, 2021

Bien que le Canada produise et exporte une grande quantité d’énergie, les contraintes géographiques et les variations de la demande et des coûts font qu’une part importante des besoins énergétiques du Canada sont comblés par les importations (Figure 2.4). Historiquement, les importations étaient surtout destinées aux provinces du centre et de l’est du pays, mais à la suite des changements survenus ces dernières années, la production des provinces de l’ouest fournit une part beaucoup plus grande du pétrole consommé en Ontario, au Québec et dans les provinces de l’Atlantique. Cette évolution a réduit de beaucoup la diversité des fournisseurs d’énergie, d’autant plus que la plupart des importations récentes proviennent des États-Unis (74 % des importations d’énergie en termes de valeur). En 2019, ces importations représentaient 26 % de la consommation canadienne de pétrole brut, 22 % de la consommation de gaz naturel, 20 % de la consommation de charbon et 6 % des produits pétroliers consommés au Canada (RNCAN, 2021).

Depuis 1999, les importations d’énergie ont augmenté de 41,8 %, en grande partie grâce au gaz naturel qui a vu sa part des importations totales passer de 0 % à 30,2 %. Les importations de produits pétroliers raffinés ont également connu une forte augmentation (+ 87,4 %), alors que les importations de pétrole brut ont fluctué tout en demeurant relativement stables au cours de cette période. La part du charbon, quant à elle, a chuté, passant de 18,6 % à 5,7 % des importations totales.

Enfin, le Tableau 2.5 fournit les données sur le volume du commerce des biocarburants. Malgré l’importance de son secteur agricole, le Canada dépend des États-Unis pour combler 40 % de ses besoins en la matière. Alors que l’éthanol produit n’est pas exporté, des facteurs géographiques liés à la demande de biodiesel ont favorisé certains échanges commerciaux entre les provinces, étant donné que les règlements fédéraux et provinciaux sur les mélanges sont moins stricts pour ce carburant.