2.8 Les différences entre les provinces

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La production de pétrole et gaz est très inégale au Canada. Si, depuis plus de 20 ans, l’Alberta est responsable pour bien plus que la moitié de la production canadienne de ces deux carburants, cette proportion a atteint 80 % en 2019. La Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador ont extrait la majeure partie du reste du pétrole brut canadien (Tableau 2.6), tandis que la Colombie-Britannique a assuré la majeure partie de la production de gaz naturel à l’extérieur de l’Alberta (Tableau 2.7).

La production pétrolière de l’Alberta a plus que doublé au cours de la même période, dépassant de loin la croissance de la production dans les autres provinces. La situation est différente pour le gaz naturel, où la baisse de la production de l’Alberta a été compensée par celle de la Colombie-Britannique qui a plus que doublé pour atteindre 27 % de la production canadienne en 2019.

L’Alberta et la Colombie-Britannique sont responsables d’environ 85 % de la production de charbon (RNCAN, 2021). Cependant, des problèmes touchant la confidentialité des informations ne nous permettent pas de présenter une ventilation plus détaillée des chiffres de production. Les liquides de gaz naturel, quant à eux, sont principalement produits en Alberta et en Ontario.

Tableau 2.6 – Production de pétrole brut par province (PJ) #

Source : Statistique Canada, 2021a

Tableau 2.7 – Production de gaz naturel par province (PJ) #

Source : Statistique Canada, 2021a

Les profils électriques des provinces présentent également des différences notables (Figure 2.5). Par exemple, alors que la production d’hydroélectricité est celle qui domine à l’échelle nationale, la production d’électricité par l’entremise de centrales thermiques au charbon est toujours importante dans les provinces de l’Alberta, la Saskatchewan, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick. Toutes les provinces, à l’exception de l’Île-du-Prince-Édouard, utilisent du gaz naturel pour produire de l’électricité; la quantité d’électricité ainsi produite peut cependant varier considérablement entre les provinces, allant de 17 GWh au Manitoba à 38 930 GWh en Alberta. De plus, bien qu’elles fournissent 15 % de l’électricité nationale, les deux seules centrales nucléaires en activité sont situées en Ontario et au Nouveau-Brunswick.

Figure 2.5 – Production provinciale d’électricité par source (2019) #

Source : Statistique Canada, 2021d, 2021e

En examinant le commerce interprovincial et international de l’électricité (Tableau 2.8), on constate que les exportations du Labrador vers le Québec constituent l’échange le plus important entre deux provinces au Canada, résultat du contrat à long terme avec la centrale de Churchill Falls. Le Québec occupe la deuxième place en matière de commerce interprovincial, et ses exportations se font surtout vers l’Ontario et le Nouveau-Brunswick. De plus, on note que le Québec et l’Ontario exportent une grande partie de leur production vers les États-Unis, tandis que la Colombie-Britannique, et dans une moindre mesure l’Alberta, exportent également des quantités importantes d’électricité vers les États du nord-ouest des États-Unis. Par rapport à leur taille, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nouveau-Brunswick sont également d’importants exportateurs nets d’électricité vers les États-Unis.

Tableau 2.8 – Électricité, transferts interprovinciaux et commerce avec les É.-U. (2019) #

Source : Statistique Canada, 2021h

Notons également que si les exportations d’électricité vers les États-Unis étaient comparables pour 2019 et 2018, elles ont chuté de 15 % entre 2017 et 2018, après avoir connu un pic temporaire en 2016 et 2017. Les changements qui se sont produits dans les niveaux d’exportation du Manitoba et de la Colombie-Britannique expliquent en grande partie cette baisse.

Certaines provinces possèdent une importante capacité de production non émettrice, ce qui rend leurs exportations attrayantes pour les administrations voisines qui souhaitent décarboner rapidement leur secteur électrique. C’est tout particulièrement le cas pour le Minnesota (qui importe du Manitoba) et les États de la Nouvelle-Angleterre et de New York (qui importent des provinces du centre et de l’est). Hydro-Québec, qui est une société ayant un monopole public dans la province, a été l’acteur le plus actif dans le développement de ces possibilités commerciales en signant un contrat d’exportation avec l’État du Massachusetts et en entreprenant des négociations avec l’État de New York. Pour permettre ces extensions, on doit cependant nécessairement installer des lignes de transmission supplémentaires, et ce type de travaux d’aménagement continue de rencontrer l’opposition de la population.