13.3 Les pâtes et papiers

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Le secteur des pâtes et papiers est responsable d’environ 10,7 % des émissions industrielles, et celles-ci proviennent principalement de la combustion de combustibles. Ce secteur se sert aussi beaucoup de ses propres résidus pour alimenter ses activités de combustion, ce qui lui permet d’améliorer son profil d’intensité d’émissions par rapport à d’autres secteurs. 

La production et la taille des installations sont très variées, ce qui fait que la réalisation du CSC est difficile à réaliser dans une plus grande proportion de la production totale de ce secteur par rapport à celle de ciment. Cette part atteint 30 % de la production dans les scénarios CN où la majeure partie de la transformation se produit entre 2030 et 2040 (figure 13.3). Parmi les différentes productions, la production de pâte chimique est celle qui réalise la part la plus importante de captage du carbone, car environ 50 % de cette production provient d’installations équipées à cette fin. La pâte chimique représente également la plus grande part de la production du secteur des pâtes et papiers, soit 36 %, et elle constitue notamment le seul secteur où des équipements de CSC sont installés dans le scénario TC30 (lequel prévoit également des quantités marginales de carbone capté dans le cadre de la production de papier). Comme dans le cas du ciment, aucun captage du carbone n’a lieu dans le scénario de référence. 

Figure 13.3 – Production de pâtes et papiers dans les différents scénarios  #

Les émissions provenant des chaudières de l’industrie des pâtes et papiers sont réduites rapidement dans le scénario CN50, mais une important encore, la génération d’émissions négatives survient assez tôt, avec -7,1 MtCO2e dès 2030. Ces émissions négatives croissent d’encore 50 % avant 2050, tandis que certaines émissions restent dans des installations n’utilisant pas de CSC, bien qu’elles diminuent tout de même de 0,2 MtCO2e en 2050.

Excluant celles des chaudières, le captage du carbone permet d’éviter 53 % des émissions dans le scénario CN50 par rapport au scénario REF (figure 13.4). La majeure partie de cette réduction se produit après 2035. Le reste des réductions proviendra d’abord d’une baisse de la production, puis d’un changement de combustible qui, grâce au passage à un mélange d’électricité, de liqueur noire et de biomasse, permettra de réaliser les réductions restantes, en dehors du CSC, à partir de 2050 environ. 

Ce résultat suggère que le captage du carbone est une technologie qui peut être mise en œuvre rapidement (surtout entre maintenant et 2040) y compris pour la production d’émissions négatives par les chaudières. Excluant les chaudières, le changement de combustible sera plus lent à s’opérer, ce qui nécessitera une baisse de la production si l’on veut suivre le calendrier d’atteinte de la carboneutralité en 2050 avant que cette mesure n’atteigne son plein potentiel. Cela souligne également le fait que le changement de combustible demeure une mesure essentielle pour réduire les émissions de cette industrie, ce qui s’explique en partie par la forte proportion d’émissions provenant d’activités de combustion.

Figure 13.4 – éductions d’émissions (excluant celle des chaudières) dans la production de pâtes et papiers (scénario CN50)1 #


Notes

1 Après 2050, la ligne pointillée CN50 ne correspond pas au total des émissions évitées car la production du secteur est plus élevée dans CN50 que dans REF, résultant en une plus grand compensation des émissions avec la CSC ou le changement de carburant.