7.2 La consommation locale et les marchés d’exportation

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Le Canada est un important exportateur d’énergie (figure 7.4). Actuellement, il vend près de 60 % de l’énergie qu’il produit sur les marchés étrangers, et principalement aux États-Unis. La transformation des systèmes énergétiques mondiaux pourrait donc avoir un impact considérable sur ses activités commerciales, car au cours des prochaines décennies, le développement de la plupart des énergies renouvelables se fera au détriment des combustibles fossiles. Cependant, l’évolution de la consommation intérieure, qui entraînera une réduction des importations de pétrole et de gaz en particulier dans l’est du pays, pourrait même avoir un impact positif important sur la balance commerciale du Canada. 

Alors que les marchés mondiaux auront une incidence sur les opportunités d’exportation de pétrole et de gaz, la diminution rapide de la production nationale, qui est nécessaire dans les scénarios menant à la carboneutralité, affectera les niveaux d’exportation dès 2030. La figure 7.4 montre à nouveau la distinction nette qui existe entre les scénarios CN et le scénario REF. Elle met également en évidence le fait que les contraintes supplémentaires imposées par le scénario TC30 n’ont qu’un impact limité sur les exportations de gaz, lesquelles demeurent semblables à celles du scénario REF. Ces tendances se maintiennent à plus longue échéance, même si l’on note que les exportations diminuent après 2050 dans les scénarios REF et TC30 en raison de l’affaiblissement anticipé de la demande mondiale.  

L’utilisation du gaz naturel liquéfié (GNL), qui connaît une augmentation rapide et comparable dans les cinq scénarios en 2030 et moins forte par la suite dans les scénarios CN, présente un intérêt particulier. Dans les scénarios menant à la carboneutralité, le GNL devient en effet le principal produit énergétique exporté dès 2030, et son importance ne fait ensuite que croître jusqu’à presque égaler les niveaux actuels d’exportation de pétrole brut, atteignant un maximum de 51 % des exportations totales en 2060 dans le scénario TC30.

Figure 7.4 – Exportations internationales #

Figure 7.5 – Importations internationales #

Le volume des importations est nettement inférieur à celui des exportations (figure 7.5). Les importations de pétrole brut sont relativement semblables dans les différents scénarios en 2030 et en 2050. Les importations de gaz naturel, quant à elles, sont d’un volume considérablement moins important dans les scénarios menant à la carboneutralité, en particulier à plus long terme (diminution de 57 % d’ici 2050 dans le scénario CN50), et ce, en raison des taux nettement plus faibles de consommation de ce combustible.    

Alors que les importations de pétrole brut sont plus faibles en 2050, les importations de produits pétroliers augmentent dans les divers scénarios. Cela suggère que certains efforts visant à réduire les émissions GES au Canada dans les scénarios plus ambitieux pourraient consister à déplacer les émissions des raffineries de pétrole à l’extérieur du pays (en grande partie aux États-Unis), un phénomène qui pourrait également avoir des incidences sur les niveaux de production et d’importation de pétrole. En d’autres termes, étant donné la nature du modèle d’optimisation utilisé et le fait qu’il ne tient compte que des émissions intérieures, les résultats sous-estiment l’ampleur de la réduction que la consommation de pétrole et de produits pétroliers doit subir à court terme pour que le pays puisse atteindre la carboneutralité au milieu du siècle. Ce transfert d’émissions est une conséquence des accords internationaux qui attribuent les émissions au territoire producteur primaire, et non à l’utilisateur final. Voir le chapitre 1 pour plus de détails sur cette question. 

Observations générales :

  • Compte tenu de l’importance que revêtent aujourd’hui les exportations pour le secteur canadien de la production d’énergie, le profil des exportations du pays change brusquement dans les scénarios CN, conformément à l’évolution de la production décrite dans la section précédente.  
  • Alors que la consommation de gaz naturel au Canada diminue dans tous les scénarios CN, les exportations, en particulier celles de GNL, augmentent légèrement par rapport aux niveaux de 2016. 
  • Avec l’attribution actuelle des émissions de GES aux pays producteurs, les importations de pétrole pourraient augmenter dans les scénarios CN par rapport au scénario REF afin de permettre l’atteinte des objectifs nationaux.