12.2 Le CSC et le CUC aujourd’hui

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Le développement du CSC et du CUC s’est avéré être beaucoup plus lent que prévu. Alors que plus de 120 installations de CUSC étaient en construction ou en projet en 2011, en 2020 il n’y avait au total que 26 installations commerciales de CUSC en exploitation dans le monde. Ainsi, bien que leur nombre ait doublé en dix ans, la majorité des installations prévues ont été abandonnées au fil des ans (Global CCS Institute, 2020). Cette situation s’explique par les enjeux techniques et le coût élevé de cette technologie, les passifs du stockage à long terme et le prix direct ou indirect du carbone qui est demeuré largement en deçà des valeurs anticipées. 

En termes de captage du carbone, la plupart de ces installations commerciales servent au traitement du gaz naturel et permettent de séparer le CO2 du méthane pour le capter et le vendre. Un certain nombre d’installations utilisent d’autres procédés industriels associés à la production de produits chimiques, notamment pour les engrais, l’éthanol et l’hydrogène. Bien que le captage du CO2 dans les centrales électriques, surtout dans celles qui produisent de l’électricité à partir du charbon, ait suscité un intérêt considérable au fil des ans, il est encore très rarement utilisé aujourd’hui. 

Un certain nombre de pays se sont fixé un horizon dans le temps pour atteindre la carboneutralité. Cela a permis de créer des conditions plus favorables pour développer ces technologies et faciliter les investissements et la prise de risque à mesure que les modèles économiques devenaient plus crédibles aux yeux des investisseurs. C’est ce qui explique pourquoi, après une petite accalmie en 2017, le nombre de projets en développement va en s’accroissant même s’il demeure encore nettement inférieur à ce qu’il était il y a 10 ans. 

Parmi les 26 installations de captage du carbone qui sont présentement en service, 19 financent une partie de leur fonctionnement grâce au CUC basé sur la récupération assistée du pétrole, une activité qui constitue présentement la principale voie d’utilisation du CUC. C’est aussi le cas pour les trois sites qui sont en cours de construction. Si cette stratégie permet de diminuer les coûts et de rendre l’application économiquement viable malgré un prix du carbone très bas, elle réduit de beaucoup l’impact bénéfique du captage du carbone du point de vue du cycle de vie des émissions, puisque le carbone finit inévitablement par se retrouver dans l’atmosphère.