12.5 Les points à retenir : où peut-on faire le meilleur usage du CSC? 

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Passer d’un objectif de réduction des émissions de GES à celui de la carboneutralité modifie de beaucoup la nature du défi relatif au CUSC, car toutes les émissions de GES qui ne sont pas complètement évitées ou captées doivent être compensées par des activités produisant des émissions négatives ailleurs dans l’économie. Le captage des émissions à des fins de réutilisation, que ce soit pour la récupération assistée du pétrole, la production végétale ou la production de carburants de synthèse, ne suffit plus, car aucune de ces stratégies ne demande l’ajout de technologies à émissions négatives qui en augmenteraient le coût. Cela fait que le CSC demeurera grandement privilégié par rapport au CUC.  

Les résultats de la modélisation et l’analyse présentés dans les paragraphes précédents proposent des suggestions semblables à celles que nous avons déjà évoquées, à savoir que le CSC sur site sera utilisé en priorité dans les procédés industriels pour lesquels la production de CO2 peut être difficilement évitée, de même que pour la production de chaleur, d’hydrogène ou d’électricité à partir de la biomasse où l’impact net sur les émissions est largement négatif. Dans les résultats présentés dans la deuxième partie de ces Perspectives, la BECSC est aussi nettement préférée à l’EDA lorsque l’on cherche à obtenir des émissions négatives, car l’EDA a pour unique fonction celle de capter des gaz. En revanche, la BECSC permet la production d’électricité ou d’hydrogène, ou encore une production industrielle lorsqu’elle est utilisée pour produire de la chaleur en industrie.

En conséquence, du point de vue de l’énergie et du cycle de vie, les contraintes de la carboneutralité impliquent que le CSC sera surtout réservé à la production d’énergie primaire, y compris la production d’électricité à partir de biomasse, la récupération assistée du pétrole et la production d’hydrogène bleu carboneutre, là où cette production peut rivaliser avec l’hydrogène vert en termes de coût. Le CSC sera également utilisé dans les technologies à émissions négatives basées sur la biomasse, même si l’avantage net de cette utilisation devra être confirmé par l’analyse des résultats obtenus sur des sites réels, de taille industrielle, qui restent à construire. Indépendamment de ces résultats, il est peu probable que le CSC soit appelé à jouer un rôle important en soutenant la construction de centrales au charbon ou au gaz naturel à grande échelle pour assurer l’alimentation électrique de base.